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𝗟𝗘 𝗩𝗜𝗟𝗘𝗡𝗖𝗘 𝗡’𝗘𝗩𝗧 𝗣𝗔𝗩 𝗹𝗡 𝗖𝗱𝗡𝗩𝗘𝗡𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧

  • 22 oct. 2025
  • 2 min de lecture
𝗟𝗘 𝗩𝗜𝗟𝗘𝗡𝗖𝗘 𝗡’𝗘𝗩𝗧 𝗣𝗔𝗩 𝗹𝗡 𝗖𝗱𝗡𝗩𝗘𝗡𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧

VIOL : LA CEDH CONDAMNE LA FRANCE POUR SON TRAITEMENT JUDICIAIRE D’UNE AFFAIRE EXEMPLAIRE


Le 4 septembre 2025, la Cour europĂ©enne des droits de l’homme (CEDH) a sanctionnĂ© la France pour sa gestion d’une affaire de violences sexuelles au travail. Le dossier concernait un mĂ©decin, K. B., accusĂ© d’avoir imposĂ© Ă  une jeune collĂšgue une relation sadomasochiste sous emprise. MalgrĂ© la gravitĂ© des faits, la justice française n’avait retenu que les chefs de « violences volontaires » et de « harcĂšlement sexuel », Ă©cartant les accusations de viol aggravĂ©. Le prĂ©venu avait mĂȘme Ă©tĂ© relaxĂ©, la dĂ©fense invoquant un pseudo “contrat maĂźtre-chienne” signĂ© par la victime.


La CEDH a fermement rejeté cette interprétation :

« Le consentement doit exprimer une volontĂ© libre au moment prĂ©cis de l’acte, en tenant compte du contexte. »La Cour rappelle que nul engagement passĂ©, mĂȘme Ă©crit, ne vaut consentement actuel.Elle souligne aussi la nĂ©cessitĂ© de reconnaĂźtre les situations d’emprise et de domination, notamment liĂ©es Ă  la hiĂ©rarchie et aux mĂ©canismes de peur ou de dĂ©pendance psychologique, comme le syndrome de l’otage.

Pendant des annĂ©es, l’article 222-23 du Code pĂ©nal dĂ©finissait le viol sans jamais mentionner explicitement le consentement, crĂ©ant une faille juridique bĂ©ante.


Ce n’est qu’en avril 2024 que la loi française a enfin Ă©tĂ© modifiĂ©e :


âžĄïž Le viol est dĂ©sormais dĂ©fini par l’absence de consentement, et non plus seulement par la contrainte, la menace ou la surprise.


Un progrĂšs considĂ©rable mais encore trop souvent thĂ©orique. Car si les enquĂȘtes restent incomplĂštes, les procĂšs interminables et la parole des victimes discrĂ©ditĂ©e, la violence institutionnelle se perpĂ©tue.


Plusieurs pays europĂ©ens – SuĂšde, Espagne, Belgique – avaient dĂ©jĂ  adoptĂ© cette approche du « seul oui signifie oui ».


La France s’y est enfin alignĂ©e, en conformitĂ© avec la Convention d’Istanbul.


Désormais, la responsabilité est inversée :

👉 Ce n’est plus Ă  la victime de prouver qu’elle a rĂ©sistĂ©,

👉 Mais Ă  l’auteur de dĂ©montrer que le consentement Ă©tait libre, Ă©clairĂ© et prĂ©sent.


Le silence, la peur ou l’immobilité ne peuvent plus ĂȘtre interprĂ©tĂ©s comme un accord.


Chez FEMMES AVEC
, nous saluons cette Ă©volution essentielle — mais nous refusons qu’elle reste symbolique.Tant que seuls 0,6 % des viols aboutissent Ă  une condamnation, la justice française reste dĂ©faillante.Notre engagement demeure clair : transformer la loi en protection rĂ©elle, et faire en sorte que chaque victime soit enfin crue, respectĂ©e et dĂ©fendue.

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